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Articles mensuels (français et anglais) sur le thème "Pour penser autrement l'économie"

Hors-série de mai 2010

 Il faut restaurer le respect pour 
le travail

ANGUS SIBLEY

Cet essai est déjà paru (en anglais) dans le mensuel "Doctrine and Life" (Dominican Publications, Dublin, avril 2010), voir www.dominicanpublications.com

Et pourtant, avec toute cette fatigue - et peut-être, en un certain sens, à cause d'elle - le travail est un bien de l'homme...car, par le travail l'homme...se réalise lui-même comme homme et même ..."il devient plus homme".
Le pape Jean-Paul II, Laborem exercens (1981), sect. 9

Le travail attractif dans lequel l'homme se réalise lui-même; cela ne signifie absolument pas qu'il deviendra un plaisir facile et amusant, comme Fourier, tel une midinette, le pense naïvement.
Karl Marx, Grundrisse, cahier VI (1858); tr Roger Dangeville (Editions Anthropos, Paris 1968)

Un grand éventail d'attitudes

SI LE TRAVAIL n'est pas toujours attractif, la variété des attitudes humaines envers le travail est infiniment fascinante. Celles-ci s'étendent depuis le laborare est orare ("travailler, c'est prier") du saint Benoît jusqu'à la blague d'Oscar Wilde, le travail est la malédiction des classes buveuses ("work is the curse of the drinking classes").

Nous sommes, c'est le moins que l'on puisse dire, ambivalents sur le sujet du travail. Nous l'aimons et le haïssons; nous l'admirons et le méprisons; nous l'exagérons et le négligeons; nous le recherchons et nous trouvons le moyen de l'éviter...

La tradition judaeo-chrétienne a toujours investi le travail d'une haute valeur, en qualifiant Dieu lui-même comme travailleur: l'oeuvre de ses mains, le firmament l'annonce (Ps. 19:1); le septième jour, il chôma, après tout l'ouvrage qu'il avait fait (Gen. 2:2); Jésus travaille au banc de charpentier. Dieu fit travailler Adam au jardin, non comme punition, mais même dans son état d'innocence, quand le travail d'Adam, comme l'explique St-Thomas, n'aurait pas été pénible...il aurait été joyeuse à cause de l'expérience que l'homme aurait fait de sa force naturelle.1 Chez St-Jacques nous lisons que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite (Jc 2:22); dans les Proverbes, que l'oeuvre du juste tend à la vie [Vulg. opus justi ad vitam] (Pr 10:16); dans le Talmoud, que l'oisivité mène au libertinage....et à l'imbécilité.2 Ainsi, on considère le travail d'une manière très positive, y voyant non seulement un moyen mais aussi une fin en soi. Le travail ne devrait pas que gagner de l'argent et fabriquer des choses désirables; il devrait aussi nourrir la santé, le bonheur, la réalisation de soi du travailleur. 

Bien que beaucoup de ses théories fussent perverses, Marx fit valoir un haut respect pour la valeur humaine du travail, reflet sans doute de son origine juive. Trop de ses opposants ont abandonné ce respect, avec des conséquences lamentables.

La doctrine catholique du travail

Le Catéchisme de l'Eglise catholique (#2427-8) affirme le statut honorable du travail dans la théologie catholique: le travail humain procède immédiatement des personnes créées à l'image de Dieu, et appelées à prolonger, les unes avec les autres, l'oeuvre de la création...le travail est donc un devoir...le travail honore les dons du Créateur...chacun doit pouvoir puiser dans le travail les moyens de subvenir à sa vie et à celle des siens, et de rendre service à la communauté humaine.

Dans son encyclique Laborem exercens de 1981, le pape Jean-Paul II condamne (#7) la philosophie des économistes du 19e siècle, qui considéraient le travail comme une espèce de 'marchandise' que le travailleur...vend à l'employeur. Le pape se réjouit que les formulations explicites de ce genre ont presque complètement disparu, laissant la place à une façon plus humaine de penser et d'évaluer le travail. Las, depuis qu'il a écrit cela, on est en grande mesure revenu, sous l'influence des économistes néolibéraux, aux attitudes du 19e siècle. Il s'agit d'une négligence impardonnable des leçons de l'Histoire. Car les philosophies communistes ou socialistes, que détestent tellement lesdits économistes, ont été inspirées par le dégoût général pour le traitement indigne des travailleurs, dont on considerait le travail comme une marchandise.

Le travail comme marchandise

Aujourd'hui, la pensée économique orthodoxe considère le travail, de façon explicite, comme une matière qui s'achète et se vend dans le marché. Les taux salariaux ne sont que des prix, déterminés par l'interaction de l'offre et de la demande. Pourtant, l'ancienne économie 'classique' du 18e siècle avait reconnu un plancher pour les salaires, soit un niveau de subsistance. Ainsi Turgot a écrit qu'en tout genre de travail il doit arriver, et il arrive, que le salaire de l'ouvrier se borne à ce qui lui est nécessaire pour se trouver sa subsistance.3

Plus récemment, les économistes ont cassé le plancher. Ils ont raisonné que le prix marchand de toute matière est normalement le prix payé par l'acheteur dont le prix qu'il veut bien (ou peut bien) payer est le plus bas. Et que c'est de même pour les taux salariaux (prix du travail). Ecoutons Carl Menger, économiste autrichien du 19e siècle, pionnier du néolibéralisme et inventeur de la susdite théorie des prix. Il insiste que ni les moyens de subsistance, ni le niveau minimal de subsistance, ne peut être la cause ou le déterminant principal du prix du travail.4 Selon cette théorie, rien n'empêche les taux marchands salariaux de tomber au-dessous des niveaux de subsistance, comme le note Menger à la même page: une couturière à Berlin, même si elle travaille quinze heures par jour, ne peut gagner assez pour sa subsistance. Voilà, tout comme l'explique Jean-Paul II, les 'pauvres' apparaissent... parce qu'on mésestime la valeur du travail.5

Néanmoins, Menger n'exhibe aucune sympathie avec ceux qui plaident pour des salaires meilleurs; ceux-ci, selon lui, ne réclament pas moins que l'achat du travail à plus qu'il ne vaut.6 Pour les économistes néoclassiques et autrichiens (deux branches de l'arbre vénéneux du néolibéralisme), les valeurs marchandes sont les seules vraies valeurs. Pour eux, il ne peut avoir lieu de payer le travail au-dessus de sa valeur marchande. De plus, il serait normalement impossible de ce faire, puisqu'une entreprise qui paient ses ouvriers plus qu'ils ne 'valent' a mis le cap sur la banqueroute.

Les failles de la théorie néolibérale 

Il faut examiner de plus près cet argument vraisemblablement plausible. La valeur marchande du travail relève du prix marchand de ses produits. La théorie du marché libre présume que les producteurs n'ont aucune influence sur les prix; il leur faut accepter quelconque prix soit dicté par le marché. Cette théorie ne paraît pas entièrement convaincante? Peu importe, elle semble bonne pour les théoriciens qui habitent des tours d'ivoire.

Donc, si un travailleur demande une hausse de salaire, son chef lui répond: Je ne peux pas vous payer davantage. Je vous paie ce que vous valez, par rapport à la valeur marchande de ce que vous produisez. Je ne peux pas augmenter mes prix; ils sont imposés par le marché, independamment de ma volonté.

Tout cela relève de ce qui arrive dans le paradis des économistes, là où les marchés sont totalement compétitifs, où n'existe point de syndicats, de guildes, d'associations de producteurs, de cartels, d'entreprises assez puissantes pour influer sur les prix. 
Toutefois, il existe évidemment des possibilitiés pratiques alternatives. Les travailleurs peuvent se syndiquer pour réclamer des salaires plus adéquats. S'ils se montrent assez unis et assez intransigeants, les employeurs seront contraints à les mieux payer. Pour récupérer ces coûts additionnels, ils devront accroître leurs prix. Pour ce faire, ils devront s'entretenir en quelque sorte entre eux, afin de ne pas minimiser leurs prix dans des luttes acharnées compétitives. Comme les travailleurs eux-mêmes, ils devront trouver le moyen d'influer sur la marché, plutôt que se plier doucement à sa dictature. Autrement dit, ils devront commettre ce qui est, pour les néolibéraux, le péché mortel de la coopération. 

Ainsi, en deux mots, la route vers les rémunérations meilleures pour la main d'oeuvre passe par la solidarité, également entre les travailleurs et entre les employeurs. Tout comme nous explique Léon XIII dans Rerum Novarum, et comme Jean-Paul II dans Laborem Exercens (#20) fait l'éloge des syndicats des travailleurs industriels, agricoles et intellectuels, ainsi que des organisations patronales. Mais la solidarité figure entre le choses que détestent le plus violemment les néolibéraux. Ils ne peuvent tolérer son intrusion dans leur sacro-sainte 'liberté négative'.

Ce n'est pas rare que les économistes dénoncent les déclaration du Vatican sur l'économie, en prétendant que le Vatican manque d'expertise dans ce sujet. Et de temps en temps le Vatican se venge en fustigeant les économistes.7 Nous avons de bonnes raisons d'assumer avec confiance la doctrine catholique économique, et ainsi de refuser de nous laisser intimider par les dogmatistes outrecuidants et prétentieux de la doctrine néolibérale.

L'économie anti-solidaire     

On peut bien se demander: pourquoi les économistes réclament-ils avec tellement d'insistance un monde libre-échangiste vierge de syndicats, d'associations professionnelles, de toutes espèces de solidarités? Ne se rendent-ils pas compte qu'un tel régime n'accorde guère de priorité aux intérêts des travailleurs? Après tout, nous passons une grande partie de notre temps à gagner notre vie en travaillant, soit comme employés, soit comme entrepreneurs. Pourquoi donc favoriser un système économique qui n'a cure de nos intérêts en tant que travailleurs?

Des diverses réponses sont possibles. Primo, les néolibéraux croient que les marchés désentravés assurent le maximum de la 'liberté' aux individus. Pour préciser, ils veulent dire la liberté négative, soit l'absence des contraintes dues aux décisions des autres ou aux ententes coopératives avec eux. J'ai plaidé dans un article antérieur8 contre la poursuite exclusive de ce genre de liberté.

Secundo, les néolibéraux raisonnent que l'action coopérative des travailleurs ou des entreprises, visant à soutenir les salaires ou les prix, ont tendance à engendrer l'inflation, ce qui est leur bête noire. De plus, ils considèrent que les politiques étatiques de plein-emploi sont porteuses d'inflation; car de telles politiques favorisent souvent l'abondance de la masse monétaire et du crédit, ce qui aiguise la demande et peut donc hausser les prix. D'ailleurs, avec le plein emploi, les travailleurs peuvent enchérir sur les taux de salaire, ainsi augmentant les coûts des producteurs et les efforçant de hausser leurs prix.

Tertio, les néolibéraux insistent sur la primauté absolue des intérêts des consommateurs sur ceux des producteurs (entreprises et employés). Cette attitude remonte à Adam Smith: la consommation est le seul but de toute production, et l'intérêt du producteur ne devrait être considéré que tant qu'il soit nécessaire pour promouvoir celui des consommateurs.9

Une rodomontade autrichienne

Plus récemment, nous trouvons chez l'influent économiste viennois Ludwig von Mises une description inoubliable de son idéal de la 'souveraineté du consommateur' dans l'économie libérale. Son style rappelle un peu celui de Marx dans les morceaux de bravoure du Capital:

Le capitaine est le consommateur...les consommateurs déterminent précisément ce qui se produit, de quelle qualité et dans quelles quantités...Ce sont des patrons égotistes et sans pitié, pleins de caprices et de fantaisies, inconstants et imprévisibles. Pour eux, rien ne compte sauf leur propre satisfaction...En tant qu'acheteurs et que consommateurs, ils sont durs et impitoyables, sans considération pour autrui...Les capitalistes...ne peuvent préserver et augmenter leur richesse qu'en répondant au mieux aux commandes des consommateurs...dans la direction de leurs affaires commerciales ils sont obligés d'être insensibles et durs de coeur, puisque les consommateurs, leurs patrons, sont eux-mêmes insensibles et durs de coeur.10     

Il faut remarquer que rien dans le contexte de ce paragraphe ne fait penser que Mises, opposant farouche du marxisme, désapprouvait la situation déplaisante qu'il y décrit. Au contraire, il est clair que Mises y peint l'économie libre-échangiste comme, selon lui, elle est réellement et comme elle devrait être.

C'est vrai que sa description rime plutôt bien avec notre conduite habituelle 'en tant qu'acheteurs et que consommateurs'. Nous avons la tendance à ne pas beaucoup considérer les intérêts des gens qui produisent ce que nous achetons. Voilà, on pourrait penser, une bonne raison pour ne pas diriger l'économie dans le seul intérêt des consommateurs. Pourtant les néolibéraux n'ont cure de l'aménité de la société. Aux mots approbateurs d'un autre économiste autrichien dominant, Friedrich von Hayek: dans une société libre-marchande:
 
nous profitons de ne pas nous traiter les uns les autres comme des voisins.11

Le travail comme fardeau répugnant


Beaucoup d'économistes considèrent que le travail est en principe désagréable, que c'est une chose répugnante que nous préférons éviter autant que possible, un fardeau que nous supportons seulement parce que nous convoitons l'argent qu'il gagne et les biens qu'il produit. Comme l'affirme Mises, le travail est un moyen, ce n'est point une fin en soi.12 Cette théorie rejet tout ce que la doctrine catholique, sans mentionner bien des autres philosophies, nous enseigne à propos de la valeur morale du travail.

La theorie de la désagréabilité du travail soutient l'argument autrichien, selon lequel on ne devrait pas verser des indemnités à ceux qui sont (ou prétendent être) hors état de travailler. Car, le travail étant répugnant, ceux-ci saisiront volontiers toute opportunité d'éviter la nécessité ennuyeuse de travailler. Mises fustigea donc l'assurance santé obligatoire, qui affaiblerait ou détruirait entièrement la volonté d'être valide et capable de travailler.13 De même, l'assistance accordée aux chômeurs...fait qu'il soit plus facile pour eux de rester oisifs...c'est un moyen de prolonger le chômage plutôt que de le faire disparaître.
14 Chez Mises, apparemment, la 'classe ouvrière' aurait été une race de parasites incorrigibles.

Il y a encore une objection contre cette théorie: elle favorise le remplacement, dans toutes les situations où il se trouve possible, du travail humain par le mécanique. Ce qui a au moins deux mauvaises conséquences, soit la tendance à augmenter la chômage, soit la consommation croissante de l'électricité ou des autres formes de l'énergie.

Auparavent, l'argument du chômage pouvait être facilement refuté. La mécanisation augmente la productivité; elle ouvre la voie à davantage de production par heure de main-d'oeuvre. Donc, raisonnait-on, pourvu que la productivité accrue entraîne une suffisance de croissance, elle n'augmente forcément pas le chômage. La productivité a été, et l'est souvent encore, considérée comme le 'saint-graal' de la politique économique, puisqu'elle nous permet de produire de plus en plus de biens de consommation sans davantage de travail humain.

Jetons l'économie du jetable

Mais aujourd'hui nous savons que la production toujours croissante des biens de consommation est, à l'échelle globale, une stratégie qui se cogne aux heurtoirs. Elle est une cause de pollution intolérable, de mutations climatiques périlleuses, d'épuisement des ressources naturelles. D'ailleurs, il reste grand nombre de personnes indigentes dans les pays pauvres, et même de plus en plus dans les pays riches, qui devraient pouvoir consommer plus. Il s'ensuit que les riches doivent apprendre à consommmer de façon moins gaspilleuse. Il faut jeter l'économie du jetable pour rentrer à la bonne vieille coutume de fabriquer des choses vraient durables, susceptibles d'être réparées ou modifiées au besoin.

Ainsi, est évidemment périmée la recherche de la productivité toujours plus élevée du travail. Mais cette recherche ne se fond pas que sur l'idée que nous voulons tous travailler moins. Il en est un mobile plus impératif: la fabrication mécanique ou électronique coûte généralement moins cher que le fait-main. C'est pour cela que le marché nous contraint à mécaniser. Comment donc rédiriger les forces marchandes?

S'il se trouve presque toujours moins cher d'utiliser l'énergie électrique ou thermique que d'employer l'effort humain, même si celui-ci est souvent sous-payé, alors il faut soupçonner que les prix énergiques sont trop bas. Ce qui est évidemment le cas, car ces prix répercutent les coûts de production du fioul, du gaz, de l'électricité etc, mais pas les coûts sociaux et environnementaux qui relèvent de la production et de l'utilisation de l'énergie.      

Les actuelles structures fiscales ne sont pas favorables. Michel Rocard se plaint de ce que 38% de nos prélèvements obligatoires sont aujourd'hui assis sur les salaires...et 3,5% seulement sur l'énergie fossile.
15 Ce problème est n'est pas que français, il est largement répandu. A supposer que nous inversassions les pourcentages rocardiens, on verrait sûrement moins d'efforts de remplacer les travailleurs par la mécanique!

La dégringolade du monde du travail

Les doctrines perverses économiques que je viens de décrire nous ont livré une situation déplorable à propos du travail. Le chômage est, depuis longtemps, beaucoup trop élevé presque partout; mais ce n'est là qu'une partie du problème. On constate une dégringolade persistante des conditions générales du travail et du traitement des travailleurs.

Neanmoins, malgré un besoin croissant de la solidarité entre travailleurs, celle-ci est en diminution depuis maintes années. Entre 1979 et 2009, les syndicats britanniques ont perdu la moitié de leurs adhérents, dont la nombre a chuté de 23,2 millions à 6,2 millions.
16 Dans la France, la proportion des employés syndiqués a chuté d'environ 22% dans les premières années 70 à environ 8% actuellement.17 Même en Irlande, où l'adhérence a été gonflé par une croissance économique exceptionnelle, la proportion a baissé de 45,8% en 1994 à 32,2% en 2006.18

Dans le monde politique, on reconnaît le besoin des checks and balances (freins et contrepoids) pour éviter que des hommes ou des femmes politiques, ou des organes de l'état, n'acquisent et n'abusent des pouvoirs exagérés. Pourtant, bien des économistes ne veulent pas reconnaître un besoin pareil dans l'économie capitaliste. Ils en ont deux raisons: primo, ils répugnent à restreindre la 'liberté' du sacro-saint entrepreneur; secundo, ils pensent que le marché, étant auto-régulateur, n'a pas besoin des freins externes; ce qui est évidemment absurde.

En réalité, sans des forces de contrepoids adéquats, il ne manque pas de capitalistes qui deviennent trop puissants et qui se comportent mal. Ainsi provoquent-ils la réaction publique contre le système capitaliste.

Bien que je suis ancien membre de la Bourse de Londres, je suis aussi syndicaliste, membre de la National Union of Journalists, sis à Londres, qui affiche beaucoup de membres irlandais et une section florissante à Paris. Je n'y vois pas d'anomalie. Le capitalisme a besoin de la solidarité des travailleurs, pour sa propre santé autant que pour le bien de ses employés.               

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Références

1          St-Thomas d'Aquin, Summa Theologica, partie I, question 102, article 3

2          Kethuboth (Talmoud de Babylonie), chap. V, sect. 59b

3         Anne-Robert-Jacques Turgot, Réflexions sur la Formation et la Distribution des Richesses (1769), para. 6

4      Carl Menger, Principes d'Economie [Grundsatz der Volkswirtschaftslehre, Vienne, 1871], chap. 3, #3E

 5          Laborem exercens, n. 8

 6          Menger, loc. cit. supra

7          Voir, par exemple, Pie XI, Quadragesimo Anno (1931)

8      Angus Sibley, The Misconceptions of Libertarian ‘Freedom’ dans Doctrine and Life, (Dublin, septembre 2009)

 9          Adam Smith, La Richesse des nations (1776), livre IV, chap. 8

10      Ludwig von Mises (1881 – 1973), L'action humaine [Human Action] (Hodge, London, 1949), chap. 15, #4. Mises a fait la plupart de sa carrière aux Etats-Unis, où il conserve de nombreux partisans presque idolâtres; voir www.mises.org. 

11        Friedrich von Hayek, La présomption fatale [The Fatal Conceit] (Routledge, London, 1988), chap. 1

12        Mises, L'action humaine, chap. 7, #3

13        Mises, Le socialisme [Die Gemeinwirtschaft, 1922], part V, chap. 2, #3

14        Mises, L'action humaine, chap. 30, #3

15        Michel Rocard et Yves Martin, Pour une fiscalité verte dans Le Monde, 9 janvier 2010    

16        Chiffres donnés sur le site du Trades Union Congress (www.tuc.org.uk)

17       Dominique Andolfatto et Dominic Labbé, Histoire des syndicats (Editions du Seuil, Paris, 2006), chap. 7

18        Frank Walsh et Eric Strobl, Recent Trends in trade union membership dans The Economic & Social Review (Dublin), vol. 40, no. 1 (printemps 2009)